21.08.2009

CINEMA. Ils sont tous revenus. « Camping 2 » a débuté sur la plage de Biscarrosse. Les touristes en oublient de bronzer "Camping 2": Franck Dubosc fait rêver les baigneuses

CINEMA. Ils sont tous revenus. « Camping 2 » a débuté sur la plage de Biscarrosse. Les touristes en oublient de bronzer

"Camping 2": Franck Dubosc fait rêver les baigneuses

018b7b55bc.jpg

«Je crois que j'ai atteint la maturité... Comme Bruel ! Vous avez devant vous, le nouveau Patrick Chirac ! » Et on n'y croit pas une seconde.

Patrick Chirac enfin, 5 millions de spectateurs en 2006. Franck Dubosc n'a changé ni de maillot ni de débardeur rose pour interpréter ce « nouveau » Patrick Chirac. Mardi matin, le tournage du second opus du film « Camping 2 » a commencé en fanfare sur la plage principale de Biscarrosse. Au pic de la saison touristique. Des mètres de plage volés aux touristes, avec des clôtures autour. Un parking entier sur le front de mer voué aux camions, loges et cantines du film.

Stylos-billes et feuilles vierges

Les estivants venus de toute la France ne s'attendaient pas à pareille aubaine. Croiser Franck Dubosc, Mylène Demongeot ou Mathilde Seigner en remontant de la plage les enchante. Les enfants s'arment de stylos-billes et de feuilles vierges. Courent après les autographes. Les mères de famille s'arrachent enfin de leur serviette. Au retour, il y aura de quoi raconter aux copines de bureau.

Donc, Franck Dubosc et ses acolytes ont travaillé toute la journée, allongés sur le sable, afin de mettre en boîte la fameuse réplique du film. Pendant ce temps, l'océan est monté presque jusqu'aux pieds des comédiens. Sylvie est en vacances à Biscarrosse pour la première fois, elle promène son bichon de deux mois. Elle vient de Wallers dans l'Nord et a laissé ses cinq enfants avec son mari, sur la plage. La voilà devant l'entrée des loges des comédiens. Veut voir Franck Dubosc.

« J'attends l'Franck »

« Je ne savais pas qu'il y avait un tournage, j'ai croisé Mathilde Seigner sur le sable. J'ai dit à mon mari : "C'est elle." Il m'a dit : "Tu rêves." Mais je sais reconnaître les vedettes, moi. Alors je l'ai suivie. Depuis une heure, j'attends. Je veux un bisou. »

À côté, Léa et Lucie. Elles ont 10 et 13 ans. Elles veulent « tourner ». Leur maman les attend. Puis, lorsque apparaît Antoine Duléry, second rôle du film, elle les pousse un peu dans le dos. « Allez-y les filles, c'en est un. » Les gamines freinent un peu et questionnent : « C'est qui ? » Duléry, pas bégueule, leur fait des bises et signe un autographe. Puis, vient le tour de Mathilde Seigner, visage fermé, que personne n'ose interpeller.

Manu et Serge viennent de Bourgogne. Ils regardent ce manège de loin. « Tiens, v'là l'Claude Brasseur. Y prend la voiture, s'embête pas lui. » « Et la Mathilde, dis donc, elle a pas l'air commode », « J'attends l'Franck. Moi c'est l'Franck qui m'plaît. »

La vedette sort enfin de son camping-car-loge. Et les filles crient un peu, pas trop. Gentil, il apaise les tensions, accorde des sourires, tapote les têtes des enfants - « Ah oui, tu t'appelles Emma, Emmy » -, fait des bises aux mamans et signe quelques bouts de papiers. « ça fait rêver les gamines tout ça... », justifie Sylvie à son chien bichon.

Laisser vivre les personnages

Franck Dubosc biche. La popularité gagnée avec ce rôle de Patrick Chirac l'attendrit. Il l'aime bien ce type, un peu benêt, et a retrouvé ces habits avec bonheur. « Nous avons conservé les mêmes personnages, ils ont un peu vieilli mais ont gardé ce qu'on aimait chez eux.

Patrick dit qu'il a gagné en maturité. Évidemment, c'est faux, il est toujours aussi seul, pathétique. On a travaillé le personnage plus en profondeur, en jouant plus sur les émotions. Son côté comique et l'aspect émouvant. Il faut éviter de s'imiter soi-même. En fait, j'ai décidé de laisser vivre le personnage. Nous avons tous fait ça. »

Fabien Onteniente, le réalisateur, n'est pas en vacances à Biscarrosse. Il attend que son film soit à la hauteur du premier. Et le public autour, qui frétille d'impatience, qui se bouscule pour attraper une miette d'ambiance, lui met un peu la pression. « Les gens nous ont réclamé une suite. À force d'entendre ça, cette impatience, nous avons décidé d'y aller. En prenant le temps. On a bien bossé, je me sens en harmonie avec ce film. J'ai aimé camper ici et je reviens, voilà. Rien n'est feint. Tout le monde est très heureux de se retrouver. »

Casse-gueule ou pas, tout le monde y croit. « On a toujours la chance de tenir un bon sujet. "Camping" en est un. Ces personnages nous ressemblent, des gens simples comme nous. Alors oui, on est sympas avec les gens qui viennent nous voir. Parce qu'on a de la chance de bosser, c'est un privilège. On ne peut pas faire un film populaire en méprisant le public qui vient nous regarder pendant le boulot. »

Fin de journée. Les spectateurs derrière les filets tapent quelques photos les pieds dans l'eau. « Coupez, elle est bonne ! » La réplique de Patrick Chirac est dans la boîte. Franck Dubosc, vedette incontestable du film d'Onteniente, reprend les habits de Patrick Chirac. (PHOTO FABIEN COTTEREAU)